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Association entre consommation de bio et syndrome métabolique

Introduction et but de l’étude : Le syndrome métabolique, qui regroupe un ensemble de perturbations métaboliques, est prédicteur
de l’apparition de maladies cardiovasculaires. Depuis quelques décennies, parmi les nouveaux facteurs de risque sont cités les
pesticides agricoles. Toutefois, le lien entre régime à base de produits bio (sans pesticides de synthèse) et santé métabolique n’a
jamais été exploré. Dans ce contexte, cette étude transversale visait à examiner l’association entre la part de produits bio dans le
régime (au global et par groupe alimentaire) et le syndrome métabolique dans un échantillon d’individus adultes de la cohorte
NutriNet-Santé.
 
 
Matériel et méthodes : Les analyses ont été réalisées chez 8174 individus de la cohorte NutriNet-Santé ayant participé au volet
clinico-biologique de l’étude au cours duquel les données nécessaires à l’identification du statut pour le syndrome métabolique ont été
collectées. Les consommations alimentaires et la part relative en bio sont issues des données collectées au moyen d’un questionnaire
de consommation bio.
 
 
Résultats et analyses statistiques : Des régressions de Poisson ont permis d’estimer des prévalence-ratios (PR) et des intervalles de
confiance à 95 % (IC 95 %) afin d’évaluer l’association entre la présence de syndrome métabolique et les tertiles de la part de bio dans
le régime ainsi que les tertiles de la part en bio de 16 groupes alimentaires, ajustés sur les facteurs sociodémographiques et du mode
de vie. Une forte consommation de bio était négativement associée à la présence d’un syndrome métabolique. Une part de bio dans
le régime supérieure à 0,38 était associée à une probabilité plus faible de 31 % de présenter le syndrome métabolique : PRpart bio ≥ 0,38 vs.
part bio <0,12 (IC 95 %) : 0,69 (0,61; 0,78) ; P < 0,0001. Une association négative a également été observée entre l’augmentation de la part
consommée en bio des groupes alimentaires d’origine végétale et le syndrome métabolique. Après stratification selon différents
facteurs du mode de vie (qualité nutritionnelle du régime, statut tabagique, niveau d’activité physique et consommation d’alcool), de
manière générale, la part de bio modélisée en tant que variable continue était négativement associée au syndrome métabolique,
excepté chez les fumeurs.
 
 
Conclusion : Globalement, les résultats observés sont en faveur d’une probabilité plus faible de présenter le syndrome métabolique
chez les individus dont la part de bio est élevée. Etant donné le schéma de l’étude, l’inférence causale est limitée et des études
prospectives sont nécessaires pour approfondir l’étude du lien entre syndrome métabolique et consommation de produits bio.
 

Ces travaux ont été publiés dans la revue Eur J Nutr :

Baudry J, Lelong H, Adriouch S, Julia C, Allès B, Hercberg S, Touvier M, Lairon D, Galan P, Kesse-Guyot E. Association between organic food consumption and metabolic syndrome: cross-sectional results from the NutriNet-Santé study. Eur J Nutr, 2017 aug.

 
 
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