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Résidus de pesticides dans les urines

Introduction et but de l’étude : L’alimentation est l’une des principales voies d’exposition aux pesticides dans la population générale. En raison de sa stricte réglementation qui interdit l’utilisation de pesticides de synthèse, l’agriculture biologique serait un moyen de réduire les niveaux d’exposition dans la population mais les études observationnelles sont insuffisantes. L’objectif de cette étude visait donc à comparer les niveaux de pesticides dans les urines de faibles et forts consommateurs bio.

 

Matériel et Méthodes : Les données relatives à la consommation de bio ont été collectées à l’aide d’un questionnaire de fréquence « bio ». Au total, 150 individus avec une faible part de bio dans l’alimentation (avec une part de bio <10%) et 150 individus avec une forte part de bio dans l’alimentation (avec une part de bio >50%) ont été sélectionnés et ont été appariés par score de propension (dont le modèle intégrait des variables sociodémographiques, alimentaires et de santé). La concentration de pesticides et de métabolites organophosphorés, pyréthroïdes et dérivés d’azole dans les urines a été évaluée dans les deux groupes. Les sommes molaires de diéthylphosphates (DEP), de diméthylphosphates (DMP) et de dialkylphosphates (DAP) ont également été calculées.

 

Résultats et Analyse statistique : Les différences dans les deux groupes ont été estimées à l’aide de tests de rang signé de Wilcoxon pour données appariées. Les concentrations médianes (MD), exprimées en g par g de créatinine, ont été calculées. L’âge moyen de l’échantillon était de 58,5 ans et 70% des participants étaient des femmes. Il a été détecté des niveaux significativement plus faibles de diéthyltiophosphate (MD : 0,196 versus 0,297), de diméthyltiophosphate (MD : 0,620 versus 1,382) et de DAP (MD : 0.12 versus 0.16) ainsi que d’acide 3-phénoxybenzoique (MD : 0,017 versus 0,021) chez les forts consommateurs de bio comparés aux faibles consommateurs de bio.

 

Conclusion : Les résultats obtenus indiquent que l’exposition aux pesticides notamment organophosphorés via l’alimentation peut être réduite par l’introduction d’aliments  bio dans le régime. Les effets cliniques de telles expositions doivent être approfondis.

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